Musée Fenaille

L'affaire Fualdès, le sang et la rumeur

L'affiche de l'exposition "l'affaire Fualdès, le sang et la rumeur" au musée Fenaille

Du 20 mai au 31 décembre 2017

Deux cents ans après l’assassinat du procureur Bernardin Fualdès, l’exposition s’attache à révéler les ressorts et les mystères d’une des plus célèbres affaires criminelles du XIXe siècle. La France et toute l’Europe vont suivre cet incroyable feuilleton judiciaire nourri par le regard des premiers correspondants. Dans une France usée par les guerres napoléoniennes, marquée par les bouleversements révolutionnaires, agitée par des complots et des conspirations, l’affaire Fualdès agit comme un révélateur. Elle annonce le mariage entre la presse écrite et les récits de justice, entre le crime et les récits populaires, entre l’encre et le sang. Au centre de l’histoire, une rumeur persistante constituera le terreau  de toutes les affabulations. Les premières lithographies, des bois gravés, de multiples estampes accompagneront l’imaginaire des lecteurs des nombreuses notices, comptes -rendus, mémoires ou lettres publiés autour du procès.

L’affaire connaîtra un immense succès populaire. Les tableaux représentant les principaux accusés entameront un tour de France avant d’être dévoilés à Paris. Des représentations théâtrales de rue fleuriront en province. Certains des accusés partiront faire fortune à la capitale en vendant leurs mémoires ou en répondant aux questions des curieux dans des cabinets de cire reproduisant les scènes de l’assassinat. L’artiste Théodore Géricault réalisera une série d’études sur le sujet. Une complainte, fredonnée jusqu’à la fin du XIXe siècle, marquera durablement les esprits. « L’effroyable affaire » hantera l’imaginaire collectif et Rodez restera longtemps la ville où « on égorge les gens comme des cochons ».

L’exposition rassemble des documents originaux et inédits provenant de collections privées et bénéficie de prêts d’institutions nationales.

Le catalogue d'exposition

La publication "L'affaire Fualdès, le sang et la rumeur"

La publication "L'affaire Fualdès, le sang et la rumeur"

Au matin du 20 mars 1817, le corps du procureur Antoine Bernardin Fualdès était retrouvé égorgé dans l’Aveyron. Une extraordinaire affaire commençait, retentissant fiasco policier et judiciaire sur lequel se sont penchées plusieurs générations d’historiens, de chercheurs et de criminologues. Deux cents ans après les faits, le musée Fenaille revient sur l’incroyable feuilleton qui passionna la France et toute l’Europe. Dans un pays usé par les guerres napoléoniennes, agité par des complots et des conspirations, l’affaire Fualdès agit comme un révélateur. Elle annonce le mariage entre la presse écrite et les chroniques judiciaires, le crime et les récits populaires, l’encre et le sang. En fait foi la profusion d’images produites : lithographies et estampes sont publiées par dizaines. La riche iconographie rassemblée dans ce livre témoigne de la postérité de l’affaire dans la culture populaire mais nous rappelle aussi que de grands artistes tels que Théodore Géricault s’emparèrent du sujet. Quant aux chansonniers, ils propagèrent une complainte qui sera fredonnée jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle.

Guidé tour à tour par le regard de différents historiens : Frédéric Chauvaud, Jean-Michel Cosson, Diane Joy, Dominique Kalifa, Jacques Miquel, Aurélien Pierre et Jean-Noël Tardy, le lecteur est invité à pénétrer les arcanes d’une chronique judiciaire dont nul ne saura sans doute jamais le fin mot. Récit collectif totalement fantasmé, l’affaire Fualdès nous rappelle comment, l’opinion s’emparant du fait divers, s’invente une mythologie du crime.

mai 2017
Sous la direction de Jacques Miquel et Aurélien Pierre
256 pages
32,00 €
ISBN 978-2-8126-1280-0